Décrypter la neurotoxicité induite par les astrocytes dans l’X-ALD : vers une neuroprotection ciblée par l’inhibition de l’HDAC3
Isabelle Weinhofer, Centre de recherche sur le cerveau, Université de médecine de Vienne / ELA 2025-034P4
Descriptif du projet
Avec une incidence combinée de 1 sur 14 700, l’adrénoleucodystrophie liée à l’X (X-ALD) est la leucodystrophie monogénique la plus fréquente. Elle est causée par un défaut génétique du gène ABCD1, entraînant une accumulation d’acides gras très longs saturés (VLCFA) dans les tissus et les fluides corporels des patients. La X-ALD présente une hétérogénéité clinique marquée, la forme inflammatoire cérébrale (CALD) étant la plus sévère. Les facteurs déclenchant l’apparition de la CALD restent inconnus, tout comme les mécanismes responsables des lésions cérébrales et de la détérioration progressive des fonctions physiques et mentales.
Dans ce projet, nous nous concentrons sur un type de cellules cérébrales appelé astrocytes. Normalement, les astrocytes soutiennent et protègent les cellules nerveuses, mais dans la X-ALD, l’accumulation de VLCFA pourrait entraîner une perte de leurs fonctions protectrices et au contraire contribuer aux lésions cérébrales. Pour étudier ce phénomène, nous allons générer des astrocytes et des neurones à partir de cellules souches reprogrammées de patients atteints de X-ALD et analyser leur comportement en culture cellulaire. Nous testerons également deux médicaments, le RGFP966 et le RGFP109, qui inhibent une enzyme appelée HDAC3 dans les astrocytes. Ces composés ont montré des résultats prometteurs chez la souris, et le RGFP109 a déjà été testé en toute sécurité chez des patients atteints d’ataxie de Friedreich.
Notre objectif est de bloquer sélectivement l’HDAC3 à l’aide de ces composés afin d’empêcher les astrocytes de devenir nocifs et de protéger les neurones des dommages chez les patients atteints de X-ALD. Dans l’ensemble, nos recherches pourraient apporter de nouvelles connaissances sur la manière dont le déficit en ABCD1 endommage le cerveau et ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques pour cette maladie.
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